Le premier vecteur du développement, c’est l’homme. Selon le dernier recensement effectué en vue de la relance des activités du Comité de Développement, Baleng compte à ce jour environ 1.800 âmes installées au village, dans les villes du Cameroun et celles d’Afrique, d’Europe et des Etats-Unis.
Au-delà des frontières nationales, Baleng est une chefferie reconnue par l’importante stature de ses élites. Leur implication est remarquable et digne d’éloges dans les activités économiques, sociales et culturelles au sein de la diaspora Bafou et même de la Menoua en France, en Italie ou aux Etats-Unis. Cette dynamique élite se divise en trois catégories : l’élite politique, l’élite d’affaires et l’élite intellectuelle. Le Patriarche Tsobgny Panka Paul se plaisait à dire avec fierté que Baleng, en dépit de l’exigüité de son territoire et du faible chiffre de sa population a déjà produit comme personnalités,
– des Maires, des présidents de sections du parti au pouvoir (UNC hier et RDPC aujourd’hui),
– un diplomate, ambassadeur du Cameroun dans divers pays,
– l’une des têtes féminines les plus marquantes du Cameroun, première femme africaine présidente mondiale des femmes chefs d’entreprises,
– des banquiers, de grands commis de l’Etat dans la haute finance, les Impôts et le Trésor,
– des officiers supérieurs de l’Armée Camerounaise,
– dans les professions libérales, des avocats-défenseurs, des pharmaciens, des médecins, des imprimeurs, des journalistes et des responsables de médias, des ingénieurs, des enseignants, de nombreux hauts cadres dans les secteurs publics et privés, etc…
Baleng est traversé par l’axe routier goudronnée allant des chefs-lieux des régions du Nord-Ouest (Bamenda) et de l’Ouest (Bafoussam) pour le Littoral (Douala) en passant par la ville de Dschang, la falaise de Santchou, la plaine des Mbos et le Moungo. Cette position charnière en fait également un carrefour incontournable pour ceux qui vont vers les terres fertiles et les pâturages de Ndziih au Nord de Bafou et le village de Bamouck ou le marché de Baranka ou Mbrè-Nkah dans la région du Sud-Ouest.
En matière d’hydrographie, la nature n’a pas doté ce village de cours d’eau importants. Nkiah. Pour avoir ce précieux liquide, les populations allaient s’approvisionner dans les filets d’eau faufilant dans la vase des marécages des bas-fonds. Les cours d’eau les plus importants étaient Ndou Motissong, Ndou Teupou’h, Ndou ndenhè-tôh, Ndou len’ah et Ndou Mezouckzang. A cause des changements climatiques se manifestant par la sécheresse et le tarage de ces filets d’eau, à cause des efforts de sensibilisation faits par les fonctionnaires de la Santé sur les risques et les dangers des maladies diarrhéiques, l’eau des bas-fonds réputée impure et dangereuse pour la santé a progressivement été remplacée par celle des puits creusés dans presque toutes les concessions. A l’instar du point d’eau du carrefour Johny Baleng, plusieurs élites ont fait des forages ou construit des puits aménagés avec château dont l’eau est extraite par des pompes fonctionnant manuellement ou à l’énergie électrique.
Nous ne pouvons pas achever la présentation de Baleng sans ouvrir une parenthèse sur son urbanisation. A sa création, Baleng ne comptait que 27 hommes et 60 femmes. A ce jour, la population avoisine 2.000 âmes alors que l’espace vital n’a pas connu le moindre agrandissement.
Faites-y un tour et vous verrez ! Des voies de communication carrossables ont été créées pour désenclaver les coins et recoins du village. L’énergie électrique approvisionne la quasi-totalité des maisons sur les toits desquelles sont fixés des panneaux, des câbles et antennes paraboliques pour le captage de diverses chaines de télévision.
Les maisons aux murs en piquets et bambous mélangés de boue, en briques de terre nues, aux toitures en paille de chaume (imperata cylindrica) ou en nattes de feuilles de raphia ne sont plus qu’un lointain souvenir. Les briques de parpaings en ciment, les carreaux, et même le marbre, la tôle ondulée, l’ardoise et la tuile en argile ont fait une entrée fort remarquable dans l’habitat à Baleng.
Rien que la beauté et la majesté des immeubles construits au carrefour Johny Baleng et à l’intérieur du village sont suffisamment révélatrices du dynamisme et du patriotisme des Baleng qui auraient pu, dans un but purement économique, ériger ces joyaux architecturaux dans les villes de Yaoundé, de Douala, de Bafoussam et d’ailleurs pour se faire de l’argent.
Comme structures d’appui au développement, outre le Comité de Développement proprement dit, actuellement en cours de réhabilitation et qui interpelle tout le monde, les Baleng, du village comme des villes et de la diaspora, se regroupent périodiquement au sein d’amicales, de cercles d’amis, de diverses associations (meloung) ou (mêdzong) qui sont en fait de véritables écoles de la vie ; des creusets de solidarité et d’entraide en vue de la promotion individuelle et du développement collectif à travers la résolution des problèmes du village.
On peut citer :
– la réunion générale des hommes,
– la réunion générale des femmes,
– la réunion des descendants de Fo’o-Leng, Fo’o-Ghap et Manfo’o
– la réunion « Enfants d’un même père » des descendants de Ndjeuyim.
– les réunions des ressortissants Baleng de Dschang, de Bafoussam, de Douala et de Yaoundé
– le GIC « la persévérance » à Yaoundé et « Préférence Baleng » à Dschang,
– l’association des jeunes du village Baleng (AJEBA),
– les équipes « Baleng Foot-Ball Club » à Douala et à Yaoundé
– les groupes de danses Mangambeu, Kwakwa, Ko’ho-Ndzang
– les associations de femmes venues du sud de Baleng : les « remontants »
– les associations de femmes venues du nord de Baleng : les « descendants «
– les associations pour cultiver les champs ;
– Etc…
Moho-Lekouet Donkeng Cosmas
